Chiens, loups et chiens-loups: "Survivre avec les loups," un splendide film famillial

vendredi 4 janvier 2008

"Survivre avec les loups," un splendide film famillial



Ce mercredi soir, nous avons été voir en famille un film splendide, "survivre avec les loups"

Parmi les quelques salles à encore le projeter en Belgique, nous avons été à cette belle petite salle à l'ancienne, où on a de l'espace pour allonger ses jambes (avec mes longues quilles, c'est appréciable), où le tarif est démocratique, où les publicités ne sont pas envahissantes, où le personnel est affable, à savoir "Ciné-Centre" à Rixensart. Vraiment, ça valait le déplacement et bravo à cette salle pour la qualité de ses choix et de son cadre!



Leur programme mentionne encore une projection ce dimanche 6 janvier 2008:
http://www.cinecentre.be/film/survivre.htm

L'histoire, beaucoup la connaissent dans les très grandes lignes. Lors de la parution du livre chez XO, il y a eu un tel battage radiophonique qu'il est difficile d'ignorer l'existence du récit autobiographique de Misha Defonseca..






Voici une photo d'elle juste avant qu'éclate la guerre : la jolie petite Misha est coiffée d'un immense nœud blanc, blanc comme l'innocence de l'enfance, un blanc qui sera vite entaché par la folie des "adultes."

Hélas, l'histoire s'emballe et tourne au cauchemar quand commence la seconde guerre mondiale. Misha est une petite fille juive habitant Bruxelles, mais sous occupation nazie, elle n'est plus une petite bruxelloise comme les autres, elle devient "gibier" pour les fous et les monstres. Avec ses parents, ils vivent cachés. A l'école, il faut des trésors d'imagination et de prudence au personnel pour la cacher, elle et les autres enfants Juifs, à chaque descente de police. Un jour cependant, ses parents sont arrêtés dans une rafle vidant tout le quartier. Elle se trouve d'abord hébergée par de "bons Belges" qui en font leur esclave, veulent la "déjuiver" à tout prix, et lui en font voir de toutes les couleurs.. avant de la balancer une fois que ça sentira le roussi pour eux. Ma famille a aussi été victime de ce genre de "bons citoyens bien comme il faut," avec dynamitage de maison du grand papy résistant (pendant que le mari de sa fille était en camp de concentration), je peux comprendre ce qu'elle a dû ressentir toute sa vie pour les délateurs, dont beaucoup ont continué à tenir le haut du pavé après la guerre, et leurs descendants persister encore de nos jours... passons.

Un fermier bricolant un peu dans le marché noir et les faux tickets de rationnement et faux papiers sera son tremplin pour l'aventure. Je ne peux habituellement pas piffer Guy Bedos, dont l'humour parisianiste me déplaît au plus haut point. Mais là, je l'ai trouvé juste, bien, équilibré, sympa.

Cette petite citadine de 9 ans n'a pas d'expérience des chiens. A la ferme, 2 bons bergers belges seront ses compagnons de découverte de la vie canine, précieuse expérience pour la suite.




Suite à la dénonciation des "bons Belges," le fermier est embarqué et c'est la fuite. La petite veut aller chercher ses parents, et on lui a dit qu'ils avaient été déportés "à l'Est," et donc elle part à pied vers l'Est. A l’aide d’une simple petite boussole offerte par le paysan, elle
traversera ainsi Allemagne et Pologne. Pour survivre, elle volera nourriture et vêtements, évitera les hommes et leur violence, intégrera une meute de loups et deviendra même l’une des leurs. Son périple aller-retour Bruxelles-Ukraine lui fera croiser des tas d'humains qui n'ont d'humain que la définition scientifique la plus froide.

Et des soldats crapuleux, mais elle saura se faire aimer de leurs gros chiens.

Et des loups.

Ahh... ce n'est peut-être qu'un tiers du film, mais quel tiers... quelle force, quelle beauté. Et tout l'apprentissage que le fermier avait donné à la petite est mis en pratique, et les loups répondent aussitôt puisqu'on s'adresse à eux dans "la bonne langue," la leur, celle où l'attitude, les gestes, le regard,
comptent autant si pas plus que tous nos inutiles verbiages bien souvent trompeurs.

Rendez-vous compte qu'en trois ans, en pleine guerre, elle va parcourir quelque 3.300 km en parvenant à se cacher la plupart du temps. Faim et froid seront le lot quotidien de cette fillette de 8, 9 puis 10 ans. Et la cruauté des hommes, et leur indifférence face à la souffrance d'autrui, leur égoïsme, leur folie, elle les rencontrera partout. Et puis en Pologne, enfin de la chaleur et de l'amour... quand elle sera intégrée pendant quelques mois dans une famille de loups, devenant par la même occasion la nounou des louveteaux. Elle dira que c'est là qu'elle aura vécu ses meilleurs moments. Aujourd'hui, alors qu'elle a 74 ans, n'allez surtout pas dire de mal des loups à Misha Defonseca!


"Les hommes ont peur des loups.
Moi, j’aime les loups et j’ai peur des hommes.
"
Misha Defonseca


Ce film est une immense leçon d’espoir, de courage et de persévérance. Animée d’une volonté inimaginable, la petite Misha prouve à l'humanité qu’aucun combat n’est perdu d’avance pour qui garde la foi, et que les limites de notre possible sont extensibles. Elle soulèvera littéralement les montagnes. C'est vraiment un film à voir en famille – à partir de 12 ans, parce que les images sont parfois terribles, et paraît-il, ce n'est pas grand chose par rapport au livre..



Anecdote : quand les louveteaux sont apparus à l'écran, un de mes enfants s'est écrié "Elviiiiis! C'est Elvis!"
C'est vrai que c'était fou, nous nous retrouvions exactement en juillet 2007, quand notre chien-loup était encore petit. La ressemblance était frappante, dans l'aspect et le comportement. Un clin d'oeil qui nous aura rendu le film encore plus précieux.


sources infos & (c) photos
http://www.loup.org, cool-sitefeuj.over-blog.com, allocine.fr, ecranlarge.com, et plus généralement images.google.fr

Distributeur officiel :
http://www.victoryproductions.be/survivreaveclesloups.htm



Je ne rajouterai qu'une seule chose : vivement qu'il sorte en DVD!



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"Survivre avec les loups" n'est pas une histoire vraie
AFP 28/2/2008

"Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre", a dit Mme Defonseca, qui reconnaît s'appeler en fait Monique De Wael

L'histoire d'une petit Juive partant à la recherche de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a inspiré le livre et le film à succès "Survivre avec les loups", est imaginaire, a reconnu jeudi son auteur belge Misha Defonseca, après avoir prétendu le contraire.

Au coeur d'une polémique parce que son histoire, qu'elle disait autobiographique, était contestée par des historiens qui y ont relevé des incohérences, Mme Defonseca a finalement expliqué au quotidien Le Soir qu'elle s'était "racontée, depuis toujours, une autre vie".

"Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre", a dit Mme Defonseca, qui reconnaît s'appeler en fait Monique De Wael, selon des propos publiés jeudi soir sur le site Internet du quotidien belge. Marc Uyttendaele, l'avocat de Mme Defonseca, a confirmé à l'AFP l'authenticité de la déclaration.

"Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre (...) et de comprendre que je n'ai jamais rien voulu d'autre que de conjurer ma souffrance", ajoute celle qui affirmait avoir été sauvée par une meute de loups. Selon l'enquête du Soir, la famille de Misha Defonseca/Monique De Wael n'était pas juive, ses parents résistants ont été arrêtés et déportés en 1941, lorsqu'elle avait quatre et non huit ans, et alors qu'elle était censée être sur les routes de Pologne, elle était en fait scolarisée à Bruxelles.

"Toute sa vie est un mélange de souvenirs de réalité et d'un univers intime qui s'est décalé de la réalité. Sa vérité n'était pas vraiment la vérité, ça lui a totalement échappé", a expliqué à l'AFP Me Uyttendaele, en soulignant que la petite fille, placée avec des membres de sa famille qu'elle détestait, avait fini par s'"identifier aux victimes absolues, la communauté juive".

Mon commentaire :
Snif.
En famille, nous avons réfléchit à ce problème, à cet aveu tragique.
C'est vrai que nous avons la fibre "chien" et "loup," et avec l'héritage famillial de déportation bien réelle, de fuite face à la Gestapo tout à fait authentique, ça rend d'abord compatissant face à une telle histoire, pas soupçonneux.
Et ici, d'après l'enquête journalistique, la dame serait réellement fille de déportés, ça n'excuse rien, ça n'excuse pas l'envie de se faire du fric et de la notoriété (surtout à son vénérable âge), mais ça explique quelque part cette vie mythomane. D'autres font bien pire et sans avoir l'excuse de la perte des parents en bas âge et dans de telles circonstances.

Ensuite, si l'histoire n'est donc pas vraie, cela n'enlève en rien aux qualités du film. Il est magnifique. Je persiste : j'espère qu'il sortira en DVD et on l'achètera.

Car après tout, chaque jour qui passe, nos politiciens (et nos medias, via les subventions) nous vendent mensonges sur mensonges, sans nous demander notre avis. Et ça coûte au pays bien plus cher que quelques tickets de cinéma.
voilà pourquoi nous ne regrettons pas d'avoir été voir le film, de l'avoir aimé, et pourquoi je ne supprimerai pas cette page-ci, même si quelque part, en effet, comme quelque millions de personnes, je me suis "fait avoir."

Pour une fois que j'aurai "librement consenti" à me faire rouler...


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